Ralph Azham

Une grande aventure signée Lewis Trondheim

Enfin du Franco-belge !! Je commence avec un auteur que j’adore : Lewis Trondheim. J’aurai pu parler de Donjon, ou bien de Lapinot, mais je préfère commencer par Ralph Azham, pour la simple et bonne raison que c’est une œuvre moins complexe à aborder que les 2 autres.

Ralph Azham raconte les aventures d’un bleui, c’est-à-dire une personne aux cheveux bleus qui possède un pouvoir particulier. Ralph, quant à lui, est capable de voir le nombre d’enfants que les gens ont. Ce pouvoir est une malédiction car il est considéré comme un paria dans son village alors que le reste du monde se méfie des bleuis. Sa vie n’est évidemment pas facile, et par la force de chose, notre héros, Ralph Azham va se retrouver au cœur de péripéties qui le dépassent.

Un héros peu habituel

Dans ce contexte, Ralph Azham a développé une personnalité particulière : désinvolte, irrespectueux, il est très pragmatique et veut avant tout survivre et être oublié du monde (ce ne sera bien sûr pas le cas). Au cours de son aventure, il sera amené à faire des choses réprimandes et à prendre des décisions difficiles, parfois à l’encontre de la morale. Il sera toujours critiqué par son entourage, eux n’ayant pas sa froide et parfois inhumaine logique face aux situations critiques. Par exemple dans le second tome (SPOILER), Ralph s’enfuit avec d’autres bleuis, ils sont poursuivis par des gens qui veulent les tuer. Ils ont avec eux un bébé bleui qui ne fait que pleurer. Ralph décide donc d’utiliser le bébé, signifiant sans aucun doute sa mort, pour sauver le groupe et faciliter leur fuite. (Fin du SPOILER)

L’implacable algèbre du désespoir

Sous ces airs de BD pour enfants (éditée chez Dupuis et en prépublication dans Spirou), Ralph Azham est très violent, mature et particulièrement dur. La série met ses héros face à des choix difficiles, elle questionne sur le pouvoir, sur l’amitié, sur le pardon, sur les atrocités motivées par de nobles convictions. La fin justifie-t-elle les moyens ? Jusqu’où peut-on aller pour avoir du pouvoir ? Comment s’arrêter une fois qu’on l’a obtenu ? Comment asseoir l’autorité et la légitimité sans user de violence ?

Un monde immense et vivant

L’univers est riche et cohérent. Il y a beaucoup de personnages et leur comportement est bien en phase avec leur but et la situation, je n’ai pas souvenir de situation illogique ou en désaccord avec la psychologie du personnage. Dans chaque tome, il se passe beaucoup de choses, rien n’est acquis pour les personnages et le lecteur : tout peut basculer à tout moment.

Il y a actuellement 11 volumes et le 12ème qui sort bientôt sera le dernier. Les tomes se suivent, c’est une histoire complète, bien ficelée avec des rebondissements intéressants. L’aventure est surprenante, et même si la BD est parsemée de drames, il y a quand même quelques pointes d’humour pour faire retomber la tension. Le style graphique, qui peut sembler simpliste, sert très bien l’histoire. D’une part, il permet d’atténuer la violence des actes (trop réaliste, la BD serait morbide) alors que d’autre part, il fait ressortir la cruauté des situations et des choix offerts aux personnages.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette BD, bien sûr, il faut adhérer au style Trondheim. L’aspect BD pour enfant avec personnages anthropomorphiques peu repousser certains lecteurs, mais ça serait passer à côté d’une pépite.

Un petit souvenir d’Angoulême

Cette BD est vivement recommandée si vous êtes à la recherche d’une bonne aventure originale et bien ficelée.

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